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Edition n° 3896 du 05-01-2008
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06-01-2008
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Casernes attaquées
Les gendarmes prêts à tirer
Les gendarmes en ont assez d’être attaqués dans leurs casernes. Ils ont annoncé leur détermination à tirer sur leurs assaillants à la prochaine attaque.
 
Un ton ferme et incisif. « Nous devons réagir. Nos unités réparties à travers le territoire national ont déjà reçu l'ordre de se servir de tous les moyens mis à leur disposition pour se défendre et surtout pour protéger leurs casernes en cas d'attaque. Le décret régissant notre fonction et le code pénal nous autorisent à agir dans ce sens ».
Tels sont les propos du colonel Richard Ravalomanana, chef de service des Opérations auprès du commandement de la gendarmerie au Toby Ratsimandrava, hier. Ces consignes font suite à la série d'attaques, prévalant ces derniers temps, contre des camps de la gendarmerie.
Quatre attaques en quelques mois
En tant que premier responsable du maintien de l'ordre et du respect de l'Etat de droit, la gendarmerie ne mérite pas d'être traitée comme cela. «Voir quatre casernes attaquées en l'espace de quatre mois n'est pas tolérable », déplore le colonel Richard Ravalomanana.
« Ces attaques se sont soldées, dans la plupart des cas, par de lourds bilans » indique le colonel. Pour soutenir son argumentation, cet officier supérieur rappelle les préjudices engendrés par ces actes qui nuisent à la réputation de la Nation malgache vis-à-vis de la communauté internationale.
La première en date était celle du 22 juillet dans le district de Vohémar, Région Sava. La caserne de la gendarmerie de la localité a été attaquée par un groupe de manifestants s'insurgeant contre une série de viols suivis de meurtres commis dans la région. Ayant soupçonné un officier et un soldat de la gendarmerie, ce groupe s'en est pris à la brigade de la gendarmerie locale.
L'émeute a eu de lourdes conséquences. La caserne a été incendiée. Des fusils, des mobiliers et des équipements de bureau ont été brûlés. Des sujets d'examen au baccalauréat, entreposés pour raison de sécurité sur les lieux, sont partis en fumée. Sans compter les deux gendarmes blessés lors de l'échauffourée.
Le 20 août, une confusion à propos de la robe d'un bovidé a dégénéré en émeute dans la commune rurale de Vinaninony à Antsirabe. Un rabatteur de bovidés impliqué dans cette affaire a réussi à rassembler une foule pour investir le camp de la gendarmerie locale. L'assaut a tué un sous officier et un civil. « Ce dernier est tombé sous une balle perdue », précise le colonel Richard Ravalomanana, pour souligner que les gendarmes n'ont jamais eu l'intention d'abattre quiconque malgré les dégâts engendrés par cette manifestation.
Ce jour-là, la machine de transmission-radio de la gendarmerie locale et deux plaques solaires ont été endommagées. Huit fusils et 17 munitions de fusils d'assaut ont été déclarés disparus. Sans parler des fournitures et matériels de bureau. L'enquête a débouché sur l'interpellation de 29 personnes dont sept ont été placées sous mandat de dépôt.
La troisième attaque s'est produite à Nosy-Varika, le 22 novembre. Cette fois-ci encore, le problème n'avait rien à voir avec la gendaremerie. Soupçonné de sorcellerie, un homme avait été amené par des membres du fokonolona à la brigade locale. Le suspect ayant été mis en garde à vue en attendant des éventuels plaignants, un groupe de personnes est venu à la brigade pour l'y sortir de force.
État de droit
Les forces de l'ordre ont tenté de réagir, en vain. Malgré leur résistance, qui s'est soldée par la mort d'un civil, les insurgés ont réussi à enlever le suspect qui subit la vindicte populaire. « L'enquête sur cette affaire est en cours, mais
personne n'a encore été arrêtée », précise le colonel Ravalomanana.
Le dernier incident en date est celui d'Ambilobe. Vendredi, la mort par noyade, d'après le médecin légiste, de deux garçons dans une rivière de la localité, a provoqué un soulèvement populaire.
Insatisfait du résultat du constat, un groupe d'individus s'est soulevé contre la gendarmerie et l'hôpital de Vohémar. « Pour ces personnes, les victimes avaient été victimes
d'une tentative de vol d'organes », rapporte le colonel Ravalomanana.
Sans l'intervention des forces de l'ordre, le suspect aurait été lynché par la foule. Sauvé de justesse par des policiers, il a été conduit à l'hôpital de Vohémar avant d'être évacué à Andapa pour raison de sécurité. Les autorités locales avaient pris cette décision d'évacuation dans la mesure où la foule en furie voulait s'en prendre au suspect après avoir attaqué la brigade de la gendarmerie.
Les interventions des forces de l'ordre, gendarmes et policiers, dans cette affaire se sont soldées par la blessure d'un élève de 17 ans et de deux policiers. La gendarmerie a été obligée de recourir à l'usage de deux grenades offensives pour disperser les manifestants. Actuellement, deux des quatre personnes interpellées dans cette affaire sont incarcérées. L'enquête suit son cours.
Parlant en tant que responsable auprès du commandement de la gendarmerie nationale, le colonel Richard Ravalomanana, accompagné du commandant Lala Rakotonirina, responsable des relations publiques de la gendarmerie nationale, tient à souligner que la gendarmerie est une institution phare dans l'application de l'Etat de droit. « Notre crédo est simple : La patrie et la Loi », conclut-il.
 
Teholy Martin
Date : 07-12-2007
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